Déclaration liminaire au CDEN du 16 octobre 2007
Monsieur le Président du Conseil Général Monsieur le Préfet Madame l’Inspectrice D’Académie Mesdames et Messieurs les représentants des collectivités locales Mesdames et Messieurs.
Bien que ce CDEN d’automne se veuille être traditionnellement réservé à l’examen budgétaire et fonctionnel des collèges du département nous ne pouvons faire l’abstraction de la situation générale de l’Enseignement Public dans notre pays qui impacte gravement l’action éducative dans le Val d’Oise. 11 200 postes en moins à l’Education Nationale et combien les années suivantes ; la semaine d’école raccourcie à quatre jours ; la libéralisation de la carte scolaire ; autant de mesures qui annoncent un prochain budget national dans la suite logique des cinq budgets précédents. Une fois de plus en régression. En fait de rupture c’est bien à la poursuite de la casse de l’école publique que nous assistons. Car cela annonce encore plus de précarité, de difficultés, pour tous, personnels, familles, élèves. C’est inacceptable. Comme le dit la pétition nationale lancée par la FCPE et ses autres partenaires de l’école publique « L’école, les enfants et les jeunes méritent mieux ». Et pourtant, une fois de plus, nous pouvons nous attendre à voir se poursuivre les mesures dites de rationalisation des moyens. Terme subtil pour parler de réductions tous azimuts que l’on verra se traduire par un peu plus d’élèves dans chaque classe, des remplacements assurés dans des délais de plus en plus longs ou pas du tout, le choix des options réduites, un enseignement professionnel incapable d’accueillir toutes les demandes, des tensions accrues élèves-enseignants-parents dans les établissements, des sujets aussi importants que la santé ou la prévention des conduites à risque insuffisamment traités, l’accueil des enfants handicapés toujours sur le fil du rasoir. Dans le Val d’Oise, année après année, les résultats scolaires se suivent et se ressemblent. Et comment pourrait-il en être autrement quand les outils mis à la disposition de la réussite de tous les élèves sont les uns après les autres rognés, grignotés, escamotés. A quoi cela sert-il d’avoir innové dans le département avec la mise en place il y a quelques années de « L’observatoire des difficultés sociales » si, alors que ces difficultés vont croissant les outils fondamentaux sont en régression, et les aides compensatoires restent à budget constant ou en diminution ? N’est-ce pas, Monsieur le Préfet, Madame l’Inspectrice, globalement le triste constat des mesures prises sur les neuf établissements les plus en difficulté du Val d’Oise ? Monsieur le Président, vous vous étiez fait l’écho en 2000 de la préoccupation de la communauté éducative quant à la situation de l’enseignement dans le Val d’Oise, et vous aviez lancé l’idée d’un plan de rattrapage d’urgence pour l’école. Depuis la situation s’est fortement dégradée. Les marges de manœuvre départementales sont encore plus minces. Il y a réellement urgence. C’est pourquoi les parents FCPE interpellent l’ensemble de cette communauté éducative pour la mise en place de véritables Etats Généraux de l’Education. Une réflexion approfondie, faisant l’état des lieux, apportant des analyses et ouvrant des perspectives est nécessaire, elle doit être l’affaire de tous les partenaires : Education Nationale, Parents d’élèves, Personnels, Collectivités, Associations complémentaires. Bien sûr la FCPE y prendra sa part, toute sa part. Mais chacun doit prendre ses responsabilités et y apporter ses compétences. Mais sans attendre des actions doivent s’engager à l’échelle départementale pour signifier clairement les avancées à mettre en œuvre. C’est pourquoi si nous apprécions l’engagement du Conseil Général auprès des établissements en matière de soutien aux projets éducatifs, nous attendons du Conseil Général un engagement fort en matière d’action pour une restauration collective propre à satisfaire les besoins de tous les collégiens et de leurs familles. Il s’agit de la mise en place du quotient familial. Rencontrés il y a quelques mois, des conseillers généraux représentants de toutes les tendances politiques siégeant dans l’assemblée départementale se sont dits favorables à cette mesure de justice et d’efficacité éducative. Ce sera donc sans peine une très large majorité qui se prononcera en faveur de cette mesure si vous la proposez. Nous attendons la concrétisation de cette volonté dans le prochain budget départemental. Une autre action fortement symbolique et non moins efficace serait la prise en compte du poids excessif des cartables des élèves en dotant chaque enseignant de chaque niveau d’un demi jeu de livres qui resterait dans la classe. Moins coûteux que la dotation intégrale d’un deuxième jeu de livres par élève dont la responsabilité revient encore à l’Etat, la mesure proposée serait néanmoins très efficace. Ainsi les autres manuels, laissés au domicile, ne pèseraient plus de tout leur poids sur le dos de préadolescents en pleine croissance et sur la sécurité sociale. Là aussi nous en attendons une traduction concrète dans le prochain budget. Les débats d’aujourd’hui porteront aussi sur les budgets de fonctionnement, les fonds sociaux, les voyages scolaires, la stabilisation des personnels, la valorisation de leurs métiers, autant de sujets sur lesquels le Conseil Général est en première ligne et nous y reviendrons dans les débats. Vous le voyez, Monsieur le Président, les représentants FCPE des parents d’élèves sont disposés à jouer pleinement leur rôle constructif tant en matière de concertation, si vous nous le permettez, qu’en matière d’action si l’actualité le décide renforcés par les résultats des élections qui viennent de se dérouler dans les écoles, les collèges et les lycées. Ce sera notre fil conducteur pour l’année scolaire qui commence.
Merci pour votre écoute.
Les représentants de la FCPE 95



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