Le CA du CDPE 95 après avoir rencontré l’Inspection d’Académie au sujet du fichier "Base élèves", après en avoir débattu et examiné les arguments développés tant par ses adhérents que par d’autres CDPE et la Fédération nationale, à procédé à un vote quant à l’acceptation ou le rejet de ce fichier., Le résultat est clair 17 administrateurs sur les 17 en activité ont voté contre la base élèves. Et cela pour plusieurs raisons.
1. La fiabilité du système. Elle repose : a.Sur la rigueur des individus dans la gestion et chacun sait la nature humaine et les conditions dans lesquelles les directeurs d’école exercent leurs missions (et je ne parle même pas de la qualité du matériel informatique dont ils disposent) ; b.Sur l’impossibilité à ouvrir des codes alors que celui de la Défense et d’autres ministères ont été levés ; sur la maîtrise par l’Education Nationale de ce qui se passe en son sein. Quand on voit que le Recteur et l’IA nous affirment qu’ils n’ont pas connaissance de la possibilité de s’inscrire en ligne, a l’examen du Brevet des Collèges, alors que c’est sur leurs propres sites académiques que cela se passe, on reste songeur. D’autant plus que cette inscription demande la nationalité des élèves. Les garanties ministérielles sont certes nécessaires mais pas suffisantes. c.De plus si certaines annotations ont été enlevées, d’autres ne sont plus obligatoires tout simplement, mais qui le sait ? C’est vrai que des fichiers existent déjà et que sans doute par manque de vigilance, ou parce que le climat social et sécuritaire n’était pas le même qu’aujourd’hui, tout le monde a laissé faire. Est-ce une raison pour continuer dans le même sens ? Doit-on laisser l’amiante dans les écoles parce que personne n’a rien dit il y a 20 ans ?
2.L’objectif du fichier. Si aujourd’hui des fichiers existent, ils sont limités et ne peuvent être consultables massivement. C’est une limite objective qui frise l’amateurisme mais qui est en même temps une protection. Avoir ces éléments sur un seul fichier permet d’agir (pour ceux qui sont aux manettes) sur une rationnalisation économique optimale de l’outil éducatif et de mettre encore plus en adéquation les effectifs, les moyens et l’organisation sociale recherchée. Est-ce que cela est nécessaire pour enseigner ? Nous ne le croyons pas. Est-ce nécessaire pour réduire les coûts et orienter de façon plus contraignante ? Sans doute. Nul besoin alors d’apporter notre contribution à toute opération de régression de l’école de la nation. Par contre nous sommes favorables à un travail de mise à plat des fichiers existant et à une réflexion approfondie sur les besoins liés à l’enseignement. Mais uniquement à l’enseignement.
3.La marchandisation de l’école. A travers ce fichier, comme à travers l’inscription en ligne au Brevet, l’Education Nationale ne cherche-t-elle pas, à se constituer des produits commerciaux (des listes de clients potentiels) pour les vendre aux grandes enseignes commerciales. Bien sûr, chacun à en théorie la possibilité de refuser de communiquer ses coordonnées. Mais combien vont se faire avoir ? Combien de familles, d’élèves mêmes, deviendront des cibles commerciales en envoyant leur enfant à l’école.
C’est pour toutes ces raisons, que les CDPE d’Ile de France, réunis au sein du Comité Régional d’Ile de France, ont estimé que compte tenu des risques existant, le principe de précaution devait prévaloir. Nous demandons le retrait du fichier "Base élèves" ; nous demandons le retrait pur et simple de toutes les annotations non obligatoires ou n’ayant pas obtenu un avis favorable de la CNIL dans les documents des différentes administrations ; nous signons au nom du CDPE les deux pétitions actuellement en circulation initiées par le collectif rennais CORESO et par la Ligue des Droits de l’Homme ; nous appellons tous nos adhérents et conseils locaux à signer et faire ces pétitions .
Pour le CA du CDPE-FCPE95 Manuel ALVAREZ Président


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