LA REFORME DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE : Démarche pour les conseils d’école

jeudi 12 juin 2008
par Sylvie Fromentelle
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Démarche pour les conseils d’école

Rappels du contexte

Les nouveaux programmes de l’école primaire ont fait l’objet de multiples interventions de la part de la FCPE et la publication d’un appel « programmes de l’école primaire : copie à revoir » signé par 18 organisations. La réforme des programmes, la réduction de 72 h du temps scolaire annuel ne peuvent en aucun cas contribuer à réduire les inégalités et surtout à répondre à l’objectif affiché : le recul de l’échec scolaire touchant 15 % des écoliers.

La FCPE s’est maintes fois prononcée contre un projet conservateur, qui au prétexte fallacieux de réduire l’échec scolaire prône des méthodes mécanistes dépassées, élitistes, basées sur le bachotage, la restauration de l’instruction civique et morale, l’autorité du maître et la remise en cause de la scolarisation en maternelle à 2 ans. Ce pseudo-recentrage sur des fondamentaux risque de plus de remettre rapidement en cause les enseignements artistiques, culturels et scientifiques ou de sciences humaines et de reléguer l’aide aux élèves en difficulté en dehors du temps scolaire.

Dans le même temps, au nom de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) le gouvernement poursuit sa politique de suppression de postes, alors que ce sont des enseignants formés, des RASED étoffés dont ces enfants ont besoin tout au long du temps scolaire pour acquérir les savoirs et les compétences requises.

Le décret 2008-463 du 15 mai 2008 modifie la législation existante sur l’organisation et le fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires. Ce texte officialise le passage de 26 à 24 h d’enseignement par semaine et la suppression de l’école le samedi matin. La semaine de 4 jours devient la règle.

Ce décret laisse cependant le choix :
- organiser la semaine scolaire sur 9 demi-journées et réduire la journée scolaire en dessous des 6 h maximum (en ajoutant le mercredi matin), dans ce cas l’école déroge à la règle et doit avoir l’accord de l’inspecteur d’Académie.
- organiser les 2 heures de soutien aux élèves en difficulté, le samedi matin ou hors temps scolaire : avant, après la journée scolaire ou pendant la pose méridienne.

Le texte garde la référence au projet d’école. Le projet d’école a ainsi pour but de décliner les objectifs nationaux dans le contexte local, de définir l’organisation et les méthodes les mieux appropriés pour atteindre les objectifs, en tenant compte du contexte et des réalités du terrain (cf circulaire du 15 février 1990).

Le projet d’école repose sur une analyse des besoins (un diagnostic), précise les objectifs recherchés par l’école, définit les choix adaptés pour les atteindre.

Positionnement de la FCPE 95

La FCPE rappelle le principe selon lequel le projet d’école et l’organisation de la semaine scolaire doivent être soumises au conseil d’école (obligation légale) et à l’approbation concertée avec les représentants des parents. Le projet d’école doit présenter le projet pédagogique de l’école qui doit intégrer la mise en œuvre des dispositifs d’aides aux élèves en difficultés (y compris l’aide personnalisée).

La FCPE porte une exigence de cohérence entre les objectifs affichés et les décisions mises en œuvre dans les écoles. Nous approuvons l’objectif de réduction de l’échec scolaire, mais nous n’acceptons pas que la poursuite de cet objectif s’accompagne d’une renonciation à un haut niveau d’enseignement pour tous. Il est bien temps en effet de prendre en compte les réalités des enfants qui ont des difficultés scolaires et de leurs familles pour adopter des conditions d’enseignement qui ne les discriminent pas et qui leur permettent une bonne intégration au sein des classes et une réelle progression dans leur parcours scolaire. Mais pour ces enfants comme pour tous les autres la première condition de la réussite passe par une organisation du temps scolaire qui respecte leur rythme biologique et les équilibres de vie et d’apprentissage. Or la réforme proposée tourne le dos à cette exigence, puisqu’avec la semaine de 4 jours, au lieu de diminuer la journée scolaire bien trop longue (la plus élevée de tous les pays comparables à la France), c’est le nombre de jours d’enseignement qui va être encore diminué (passant de 180 à 140 par an), alors qu’il faudrait l’augmenter pour atteindre le niveau d’autres pays comparables (188 jours en Finlande, 190 en Grande-Bretagne, 200 en Italie et au Danemark, 210 au Japon). Ainsi la réforme va réduire encore la durée annuelle de présence en classe des élèves de l’école primaire, qui a déjà été fortement diminuée, passant en un peu plus d’un siècle de 1338 heures à 850 heures !

Démarche proposée aux conseils locaux

La FCPE 95 incite ses représentants dans les conseils d’école, après avoir rappelé notre positionnement (ci-dessus), à demander :
- la tenue d’un conseil d’école extraordinaire pour étudier les modalités d’organisation de la semaine et de l’aide aux élèves en difficultés
- les bilans sur le nombre et la mise en œuvre des PPRE existants (programme personnalisé de réussite éducative)
- la composition théorique et réelle des RASED et le bilan de ses actions (nombres d’élèves suivis, difficultés rencontrées)
- les critères définis par le conseil des maîtres pour dresser la liste des enfants pouvant recevoir une aide personnalisée (seulement les enfants bénéficiant d’un PPRE ou aussi certains enfants ayant des difficultés passagères ?)
- qui assurera l’aide individualisée : le maître de la classe, les personnels des RASED,… ?
- quelle organisation pratique de l’aide aux élèves en difficulté : mercredi ou samedi matin, avant ou après la journée d’école (sachant que si cette dernière solution était retenue, cela augmenterait encore la journée de travail des élèves qui ont déjà le plus de difficultés à supporter des journées scolaires trop longues) ?
- quels seront les méthodes d’évaluation mis en œuvre pour pouvoir améliorer les « performances » du dispositif ?

La FCPE 95 incite ses représentants dans les conseils d’école, à s’assurer que les projets d’école proposés présentent :
- une démarche pédagogique cohérente où les disciplines contribuent à l’acquisition des diverses compétences du socle (ces compétences sont transversales et leur maîtrise doit faire l’objet d’une évaluation spécifique).
- un véritable contenu aux cycles. Il est en effet nécessaire de prendre en compte la diversité naturelle des rythmes de développement et d’apprentissage, de différencier les enseignements à l’intérieur des classes, afin de permettre le développement des facultés de chaque élève et la maîtrise des paliers du socle commun par tous. Prendre le temps nécessaire à la réflexion et à la concertation avec l’ensemble des acteurs concernés : le projet d’école doit s’élaborer à la rentrée prochaine, en toute connaissance de cause et non précipitamment sur l’injonction ou sous la pression d’une administration fébrile.

A consulter sur le site de la FCPE nationale : le dossier sur la réforme de l’école primaire.


Documents joints

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