DGH 2009 : où en sommes-nous ?
Suite au rejet des DHG proposées dans les collèges et les lycées en mars dernier, de nombreuses délégations de parents et d’enseignants ont été reçues par l’Inspection Académique.
A ce jour, nous ne disposons que de très peu d’informations sur les propositions de l’Inspection Académique qui, dans la plus part des cas, s’est engagée à réétudier, si nécessaire, la dotation en fonction des effectifs réels et de la répartition des élèves dans les différentes sections à l’issu des conseils de classe du troisième trimestre.
C’est ce qu’ils appellent : « les variables d’ajustement »
Mais de quels ajustements parlons-nous ?
Basée sur des effectifs prévisionnels souvent très inférieurs aux estimations des chefs d’établissements, la DGH oblige ces derniers à procéder à du « bricolage » ou à des fermetures de sections ou d’options, dans l’attente d’un hypothétique abondement.
Dans les collèges, il faudra alors choisir entre classes à effectifs surchargées mais dédoublées dans certaines matières (sciences, langues) ou des classes avec des effectifs plus raisonnables mais avec des horaires disciplinaires minimums et qui ne permet plus aucune approche expérimentale ni projet interdisciplinaire. Dans tous les cas, cet ajustement des structures aux moyens conduit à imposer aux élèves et aux enseignants des conditions de travail inacceptables et incompatibles avec la prise en charge de la difficulté scolaire.
En lycée, la problématique est différente : la tentation sera forte pour les enseignants et les chefs d’établissements d’ajuster la répartition des élèves en fonction des contraintes des structures !!! En d’autres termes, il faudra faire rentrer au mieux les « pions » dans les « cases » en fonction des places disponibles. Par défaut, certains élèves se verront contraints d’accepter une orientation non choisie, un redoublement ou une inscription dans un autre établissement … Il n’est pas acceptable que des élèves soient contraints d’accepter une orientation en fonction des impératifs des structures de l’établissement. Celles-ci doivent pouvoir être adaptées afin de répondre aux souhaits d’orientation des élèves, surtout quand cette orientation est motivée et cohérente avec leurs résultats et leurs profils.
Un silence qui en dit long…
L’annonce tardive et au cas par cas des pseudo-ajustements permet à l’Éducation Nationale d’étouffer le mouvement de protestation en promettant à chaque délégation de chaque établissement de réétudier son cas particulier en fonction des contraintes locales. Certes, dans les cas les plus extrêmes, un abondement minimum sera accordé à certains établissements même si pour cela, quantité d’autres connaitront cette année encore des conditions d’enseignement déplorables et une offre de formation encore plus restreinte. Quand la décision d’accorder ou non un abondement sera annoncée dans les établissements, vraisemblablement début juillet, l’année scolaire sera sur le point de s’achever et les derniers conseils d’administration se seront déjà tenus ; les parents comme des enseignants seront mis devant le fait accompli à la rentrée.
Il est donc de notre responsabilité en tant que parent d’élèves de refuser la régression imposée par l’Inspection Académique et le rectorat. Avant la fin de l’année scolaire nous devons maintenir la pression et continuer à exiger les heures et moyens qui manquent.
Nathalie Martin


Commentaires