Déclaration de la FCPE du Val d’Oise suite à l’audition d’un enfant par la Gendarmerie de Courdimanche.

mardi 9 juin 2009
par Sylvie Fromentelle
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Deux enfants se battent dans une cour d’école, l’enseignant de surveillance, occupé avec d’autres enfants, n’intervient pas assez vite au grès des parents qui soucieux de leurs enfants s’en mêlent et de fil en aiguille, d’un fait tout aussi banal on aboutit à l’intervention de la Gendarmerie pour ramener la paix autour des marelles.

Nous avons refusé de nous exprimer sur ce sujet une semaine avant les élections européennes afin que cette affaire ne serve pas à des fins politiciennes. Les élections ayant eu lieu, nous pouvons maintenant communiquer .

Voici donc ce que la FCPE 95 s’apprêtait à publier juste avant cette affaire. Comme vous le verrez c’est bien sur le fond que nous entendons traiter ce sujet, sans complaisance et sans démagogie, car ce sont de vraies questions qui nous sont posées et qu’il nous faut de vraies réponses.

La sécurité dans les établissements scolaires

PORTIQUES DE DETECTION D’ARMES, EQUIPES MOBILES D’AGENTS CHARGES D’INTERVENIR DANS LES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES, ATTRIBUTION AU CHEF D’ETABLISSEMENT DE LA QUALITE D’OFFICIER DE POLICE JUDICIAIRE, SANCTIONS CONTRE LES PARENTS D’ELEVES VIOLENTS : LA SOLUTION ?

Si une ou plusieurs de ces dispositions peuvent répondre à certains cas très précis, pour une durée limitée, elles ne peuvent être généralisées, ou il faudra bientôt construire des murs autour des quartiers et des établissements sensibles. L’amalgame fait entre faits divers d’actualité et vie de nos établissements scolaires ne peut que renforcer les peurs :
- Peurs des parents, qui risquent au moindre incident de réclamer des portiques de sécurité, des caméras, et autres mesures coercitives à l’égard de certains élèves.
- Peurs des élèves, d’être fouillé, soupçonnés, peur renforcée la aussi par l’actualité (brigade avec chien policier dans un collège du Gers, arrestation à la sortie de l’école de deux enfants de 6 et 10 ans soupçonnés de vol de vélos en Gironde). Cette peur pouvant bien entendu engendrer des provocations, qui nécessiteront de nouvelles mesures.
- Peurs des enseignants enfin, d’être considérés comme des supplétifs de la police, ce qui ne les aidera pas dans leur mission éducative.

Certaines mesures existent déjà : intervention de la police dans l’école à la demande du chef d’établissement, portiques et caméras, qui n’ont d’ailleurs eu aucun effet durant l’intrusion d’une bande dans un Lycée de Gagny. Ne pratiquons pas l’angélisme non plus.

Notre école est le reflet de notre société : individualisme, mise en concurrence, réussite à tout prix n’épargnent pas nos établissements scolaires : 80% des violences à l’école sont dues au harcèlement exercé par des élèves sur d’autres élèves.

Statistiquement les violences ne sont pas en augmentation.

Souvenons-nous de ce roman et de ce film des années 1960 : un ouvrage récent, démontre que la plupart des faits relatés dans « La guerre des boutons » seraient à l’heure actuelle passible de la justice. Les suppressions de postes dans les établissements scolaires ne permettent pas un encadrement suffisant des élèves pour mettre en place éducation et prévention de la violence. Depuis 2002 ce sont près de 45 000 postes d’éducateurs qui ont été supprimés. La suppression de la sectorisation (la carte scolaire) aboutira à une concentration explosive des difficultés dans certains établissements scolaires.

Plutôt que d’attendre un nouveau « plan contre les violences », notre ministre en est à son 4eme, ouvrons le débat. S’il ne fait aucun doute que les faits graves, et très rares, doivent relever de la justice, les violences et incivilités quotidiennes doivent trouver une réponse circonstanciée. C’est à la demande des établissements eux mêmes que doit être mise en place une réponse locale. Bien entendu en étroite collaboration entre le chef d’établissement, le corps enseignant, le personnel de la vie scolaire, les parents et l’instance politique concernée. Cette concertation doit autant porter sur le bâti que sur l’éducation et la prévention.

Pour la FCPE du Val d’Oise Manuel ALVAREZ Président et Laurent JOLLY Administrateur départemental


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Communiqué de presse
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