Déclaration FCPE, FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT
au CDEN du Val d’Oise du 7 février 2005
Monsieur le Préfet, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Mesdames et Messieurs les élus représentant les collectivités territoriales, Mesdames et Messieurs, ce CDEN se tient dans un contexte de régressions sans précédent à l’Education Nationale.
Le département du Val d’Oise, à l’image de l’Académie de Versailles et de nombreuses autres académies va connaître de véritables coupes sombres dans ses moyens de fonctionnement.
Ne tenant aucun compte de l’avis majoritairement négatif du CSE, le Ministre de l’Education Nationale a décidé au travers de son projet de Loi d’orientation d’imposer une politique de réduction drastique de l’offre de formation. Cette politique délibérée de désengagement de l’Etat aura pour corollaire d’accentuer le tri social et d’aggraver les conditions de travail des enseignants et des élèves, et de continuer à éloigner les parents et leurs associations de l’école. Loin de développer l’éducatif le projet de loi s’inscrit dans une logique de culpabilisation des élèves et de leurs parents, notamment avec le CIRE. Il affiche clairement la volonté d’orienter précocement ceux qui présenteraient des difficultés, sans aucune réponse pédagogique et sociales aux inégalités. C’est cette politique de courte vue qui dans notre département conduit à ne pas anticiper des évolutions prévisibles, à ne pas prendre en compte le fait que dans l’enseignement primaire, aujourd’hui, le nombre d’élèves augmente et que demain ces enfants seront scolarisés dans le secondaire. Le reflux démographique temporaire que l’on observe aujourd’hui en collège ne doit pas servir de prétexte à une récupération de moyens mais au contraire au développement d’initiatives pédagogiques en faveur des élèves.
A la rentrée 2005, les collèges du Val d’Oise vont perdre 1418 heures - soit près de 80 Equivalents Temps Plein - alors que la baisse d’effectif prévue n’est que de 1209 élèves. Dans le même temps, les dotations horaires des SEGPA vont encore régresser, tandis que la quasi totalité des formations qualifiantes continueront de disparaître sans que les offres de substitution en lycée professionnel ne soient réellement en mesure de répondre aux besoins de ces élèves. Si un effort très marginal est fait en faveur du H/E moyen des collèges (de l’ordre d’une heure pour un collège 600), il est bien loin de compenser les suppressions de postes que le gouvernement nous impose depuis plusieurs années. La disparition des emplois jeunes et des MI-SE est ressentie cruellement dans les établissements et ce ne sont pas des actions occasionnelles et très médiatisées de contrôle d’identité aux abords des établissements d’enseignement qui contribueront à résoudre les difficultés des élèves et de leurs familles.
De leur côté, les lycées ne sont pas épargnés. Dans notre seul département, entre 2004 et 2006 la carte des formations, sous couvert de rationalisation, aura subi une évolution dramatique :
A la rentrée 2004 dans les lycées généraux et technologiques du Val d’Oise, 40 options de Seconde - principalement des langues vivantes - ont été supprimées. A cela il faut ajouter la totalité des Premières d’adaptation en STT et STI soit 22 divisions.
Pour la rentrée 2005 , c’est encore le lycée technologique qui voit son offre de formation se réduire. Sous couvert d’une refonte des contenus des STT, 10 suppressions de Premières STT sont programmées.
Les TPE sont supprimées et la dotation n’a pas été redistribuée pour le dédoublement des classes de langues comme M. le Ministre l’a annoncée.
Pour la rentrée 2006 , on nous annonce déjà que 24 divisions de STT ne seront pas reconduites. La création de quelques sections supplémentaires de baccalauréat professionnel ne saurait répondre à la nécessité de revaloriser les filières existantes que nous appelons depuis longtemps de nos v½ux.
Rappelons pour mémoire que les lycées et collèges de notre académie perdront à la rentrée l’équivalent de 440 ETP.
En réduisant en seconde les choix des options à une matière, les élèves qui s’orienteront vers les baccalauréats d’enseignement général privilégieront le choix de l’enseignement d’une 2nde langue vivante, puisque que celle-ci constitue une épreuve obligatoire du baccalauréat.
Les autres enseignements de détermination -sciences économiques et sociales, pour le bac ES, ou initiation aux sciences de l’ingénieur et mesures physiques et informatiques pour le bac S par exemple, risquent fort d’être écartés d’un choix désormais réduit à sa plus simple expression.
La recherche à tout prix d’économies budgétaires interdit de fait toute réflexion sur la cohérence et la continuité du cursus scolaire, qui permettent à chaque lycéenne et lycéen de trouver sa voie.
La marginalisation des disciplines culturelles, les sombres menaces qui pèsent sur l’Education Physique et Sportive s’inscrivent dans le même projet gouvernemental et n’ont d’autre but qu’une économie de moyens. Nous souhaitons quant à nous une école porteuse d’une haute formation culturelle des individus, une école qui soit ainsi le moteur de la réduction des inégalités sociales.
Nous sommes fermement décidés à nous opposer à cette politique délibérée de destruction des services publics concrétisée aujourd’hui par des restrictions budgétaires et des choix politiques qui compromettent l’avenir. Nous voulons défendre un autre projet pour l’Ecole et pour le service public d’Education. Nous voulons une école porteuse d’ambition pour tous ses élèves. C’est pourquoi nous appelons tous les acteurs du système éducatif à rester plus que jamais mobilisés.



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