Déclaration au CDEN du 16 octobre 2006

mardi 12 décembre 2006
par Manuel Alvarez
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Monsieur le Président, Monsieur le Préfet, Madame l’Inspectrice d’Académie, Mesdames et Messieurs les élu(e)s Mesdames et Messieurs les représentant(e)s

Les élections des représentants des parents d’élèves viennent de se tenir et confortent d’après les éléments dont nous disposons la représentation de la FCPE dans le département et notamment dans le second degré. Ceci n’est pas une déclaration d’autosatisfaction mais la mesure des responsabilités que cela nous confère. Au vu des obstacles rencontrés par la scolarité de nos enfants il est de notre devoir de demander à l’ensemble de la communauté éducative de tout faire pour que la hauteur des ambitions affichées soit portée par une même réalité d’actions et un niveau budgétaire correspondant. Hélas le budget national actuellement en préparation ne va pas dans le bon sens. Nous avons aujourd’hui à examiner la situation des collèges de notre département, aussi nous limiterons notre intervention aux questions qui nous paraissent essentielles pour aller de l’avant en espérant que des groupes de travail partenariaux puissent par la suite pousser plus loin la réflexion. Vous savez à quel point les familles sont sensibles au passage de leur enfant en 6ème car conscientes du rôle fondamental que jouent les années collège dans la réussite scolaire des élèves. Cette année encore nous constatons que la baisse des effectifs ne s’est pas accompagnée d’une amélioration des résultats au brevet bien au contraire, et ce principalement dans les quartiers défavorisés mais pas seulement. Constat récurrent, ce sont depuis plusieurs années ces mauvais résultats scolaires qui renforcent la diminution des effectifs des collèges publics. Bien plus en tout cas que le discours sur la violence que nous prenons très au sérieux mais que l’on nous sert démagogiquement trop souvent à notre goût. Cette situation nous inquiète fortement pour l’avenir de nos enfants et demande que l’on y apporte des solutions. Il faut rendre les collèges publics attractifs par leur cadre, leur offre de formation et leurs résultats. Bien sûr la scolarité est un parcours qui démarre dès la maternelle (et même avant) et la réussite scolaire doit se mesurer au bout de la scolarité, pas au milieu du gué. Cependant de façon spécifique, plusieurs questions du ressort du Conseil Général, pourraient permettre d’améliorer le cadre éducatif des établissements et donc la réussite des élèves. Tout d’abord agir encore sur la taille des établissements. Les mesures prises ces dernières années dans la construction de plusieurs établissements ont permis d’avancer sur ce sujet mais nous avons encore trop d’établissements à plus de 600 élèves ce qui constitue un obstacle réel. Le rapport entre le nombre d’adultes et le nombre d’élèves dans un établissement est primordial et c’est l’une des raisons pour lesquelles toute diminution de personnels concourant au projet éducatif d’un établissement ne peut que rencontrer notre opposition. La qualité de leur recrutement et de leur statut est aussi un facteur de qualité pour l’attractivité de ces établissements, nous y sommes très vigilants. Ensuite la restauration scolaire. Quel est le sens de cette action ? Tout d’abord bien sûr permettre aux élèves de s’alimenter sans avoir à quitter l’établissement et donc gagner du temps et de la fatigue liée aux transports pour l’offrir aux enseignements. Ensuite par la qualité et la variété de l’alimentation permettre aux élèves de bénéficier d’un équilibre alimentaire et découvrir des mets nouveaux. Nous ajouterions volontiers permettre aux établissements de garder dans leur enceinte des élèves concentrés sur leurs études plutôt que de les voir vagabonder dans les rues. Il nous semble donc primordial qu’une politique de restauration scolaire ambitieuse soit mise en place et se donne pour objectif un taux de fréquentation des élèves bien supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. Car nous constatons à ce sujet que de nombreux élèves ne fréquentent pas la restauration scolaire et que cette désertion est largement amplifiée dans les territoires défavorisés. C’est pourquoi si nous partageons le principe d’égalité de traitement envers les collégiens et donc les familles du Val d’Oise, nous estimons qu’il devrait être accompagné du principe d’équité qui permettrait de prendre en compte les inégalités des familles devant le revenu. La mise en place du quotient familial est de ce point de vue une exigence des familles que nous portons. Cette situation est d’ailleurs anachronique eu égard à la modernité sociale nécessaire et crée de plus, une inégalité de traitement de la part des collectivités territoriales envers les familles du Val d’Oise, selon que leur enfant soit scolarisé en élémentaire, au collège ou au lycée. Nous vous demandons donc, Monsieur le Président, que cette question soit mise à l’étude avec l’objectif d’une mise en place lors de la prochaine rentrée scolaire. Enfin la santé des élèves et du personnel. Nous avons bien noté qu’une convention de partenariat se mettait en place avec le CIG pour les personnels dépendant du Conseil Général, mais qu’en est-il pour les autres et pour les élèves. Plusieurs cas de tuberculose ont attiré l’attention des parents et alerté les personnels de l’éducation sur la situation sanitaire dans le Val d’Oise et en particulier dans les collèges. Cette situation n’a pas les établissements scolaires pour origine bien sûr, mais la concentration de population qu’ils réalisent ne peut qu’être propice à la propagation d’éventuelles maladies. Nous attendons sur ce point une politique préventive plus offensive qui dotée de vrais moyens, permettrait de répondre dans de meilleures conditions aux situations rencontrées. Nous aimerions donc savoir quelles dispositions les services de l’Etat et le Conseil Général, comptent développer en matière de prévention, de dépistage élargi et d’information aux partenaires (à ce jour aucune information officielle sur le sujet n’a été donnée aux Fédérations de Parents d’Elèves). Sur un autre point de santé nous sommes particulièrement alertés par les familles sur la question du poids des cartables et leur conséquence sur la santé d’élèves en pleine croissance. Le double jeu de manuels scolaires doit devenir une réalité pour tous les élèves dans tout le département. C’est nécessaire et ce serait exemplaire. Pour conclure nous voulons attirer votre attention sur une situation particulièrement choquante et grave, celle de la non affectation des élèves sortant de SEGPA et de 3ème d’insertion. Chacun ici le sait nous souffrons dans le Val d’Oise d’un déficit important de places dans les filières générales et plus important encore dans les filières professionnelles. Depuis des années nombre de jeunes sortant de troisième générale ne trouvent pas de place dans les établissements de leurs choix. Ni en CAP, ni en CFA et sont contraints soit de redoubler leur troisième, soit de gonfler les files d’attente des missions locales. En attendant ils restent dehors sans occupation, livrés bien souvent aux seules règles de la rue. Cette année le système d’affectation a été franchement utilisé contre les jeunes les plus fragiles, parmi eux les SEGPA et 3ème d’insertion. C’est inacceptable. Nous trouvons tout aussi indigne la situation de nos jeunes diplômés ne trouvant pas leur place dans le monde professionnel malgré la réussite de leur scolarité et celle de nos jeunes les plus fragilisés que l’on exclut de tout avenir. Et la facilité avec laquelle le système a été légalement détourné montre bien l’urgence de réaliser les établissements dont le Val d’Oise manque aujourd’hui.

Merci pour votre écoute.

Les représentants de la FCPE 95


Documents joints

Déclaration liminaire au CDEN du 16/10/2006
Déclaration liminaire au CDEN du 16/10/2006

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