Déclaration du CDPE du Val D’Oise 95 au Congrès de Strasbourg
Après débat le CDPE du Val d’Oise a décidé de ne pas approuver le rapport d’activité et le rapport financier présentés.
Il ne s’agit, par ces votes responsables et résolus, ni de nier, ni de désavouer les actions entreprises par la Fédération au plan national et encore moins de critiquer les résultats d’une gestion comptable qui laisse apparaître un bilan positif et encourageant.
NON ; notre position s’inscrit dans une critique positive et constructive. Le rejet des rapports reflète avant tout notre interrogation quant à l’absence de sens dans nos orientations. Orientations qui auraient pu faire l’objet d’un rapport moral, bilan, état des lieux, perspectives, ( une fois de plus absent des documents soumis au vote du congrès)... et qui auraient du s’ancrer dans les valeurs fondamentales que défend depuis toujours la FCPE ; à l’instar de la laïcité dans l’enseignement, de l’égalité devant et dans le service public d’éducation, de la liberté citoyenne, de la fraternité humaine,....etc..
D’ailleurs, comme beaucoup d’autres CDPE, le Val d’Oise à voulu conjuguer des actions résolues contre le processus de regression de l’école publique liant par un même fil conducteur le prétendu grand débat sur l’école instauré par Ferry, le rapport d’étape présenté par la commission Thélot et enfin la suprême loi Fillon dont chacun à pu vérifier la génèse anti-démocratique, tant sur la forme qui a prévalu à son adoption, que sur le fond. Nous nous sommes donc efforcés de conjuguer cette opposition avec des actions favorisant le dialogue, la réflexion, l’échange entre tous les partenaires éducatifs du département : enseignants, associations, parents, institutions ; et qui s’est concrétisé notamment par des débats départementaux auxquels la Fédération à bien voulu parrticiper par la présence notamment de Faride Hamana notre Secrétaire Général. La coopération, le rassemblement la construction de perspectives sont donc fondatrices pour nous de notre engagement militant au service de l’éducation, au service des enfants.
Alors pourquoi un acte aussi essentiel ? Parce qu’il apparaît nettement que les positions du CN et que les actions qui en ont résulté, ont été décidées en réaction à l’actualité sans inspiration d’une ligne directrice forte et lisible. Il en est ainsi à titre d’illustration des réactions à propos de la loi sur le voile, des suites au vote de la loi Fillon, des objectifs de la commission Thélot, et dernièrement de la suppression du lundi de Pentecôte....
Ce qui apparaît essentiel, au-delà des décisions elles-mêmes, c’est que celles-ci ne reflètent pas une analyse s’inspirant des valeurs fondamentales évoquées précédemment. Et plus encore ; elles ne découlent pas d’une analyse du contexte...(ou du processus...) dans lesquels les événements se sont inscrits : A l’heure où tous les esprits se penchent sur l’Europe, au moment où s’affirme la montée des intégrismes ; n’est-il pas fondamental de s’interroger sur l’avenir du service public d’éducation ..spécificité Française.. ou sur la remise en cause des fondements laïcs bâtis par la loi de 1905 ; car nous l’affirmons ; notre école, notre service public d’éducation sont menacés.
Ces questions, ces reflexions auraient pu constituer la trame d’un texte ou d’un rapport moral dont tous nos adhérents auraient pu se saisir pour débattre dans le cadre de la préparation de ce congrès national réuni de surcroit à Strasbourg et en 2005...les symboles parlent aussi...
La situation à laquelle notre fédération est confrontée, nécessite une analyse prospective et l’élaboration d’orientations au niveau de ces enjeux. Nous ne pouvons plus, par exemple, nous satisfaire, d’une position d’attente de la publication de décrets d’application d’une loi pour déterminer une ligne de conduite face à une réforme dévastatrice de l’école, nous ne pouvons plus rester spectateur d’une répression brutale du mouvement protestataire lycéen... Nos valeurs, la destinée de nos enfants, exigent davantage d’implication des parents co-éducateurs, co-auteurs de l’éducation ; les enjeux en terme de laïcité, de liberté, d’égalité, de fraternité sont considérables.
Voilà pourquoi en l’absence d’un véritable rapport moral en appui sur ces principes, en écho à ces interrogations ; nous nous prononçons résolument contre les rapports présentés ; mais avec la conviction assurée, que nous nous inscrivons dans le développement de nos principes et le renforcement de notre association.


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