Déclaration du CDPE du Val D’Oise 95 au Congrès de Strasbourg

jeudi 19 mai 2005
par Rachid JOOMUN
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Déclaration du CDPE du Val D’Oise 95 au Congrès de Strasbourg

Après débat le CDPE du Val d’Oise a décidé de ne pas approuver le rapport d’activité et le rapport financier présentés.

Il ne s’agit, par ces votes responsables et résolus, ni de nier, ni de désavouer les actions entreprises par la Fédération au plan national et encore moins de critiquer les résultats d’une gestion comptable qui laisse apparaître un bilan positif et encourageant.

NON ; notre position s’inscrit dans une critique positive et constructive. Le rejet des rapports reflète avant tout notre interrogation quant à l’absence de sens dans nos orientations. Orientations qui auraient pu faire l’objet d’un rapport moral, bilan, état des lieux, perspectives, ( une fois de plus absent des documents soumis au vote du congrès)... et qui auraient du s’ancrer dans les valeurs fondamentales que défend depuis toujours la FCPE ; à l’instar de la laïcité dans l’enseignement, de l’égalité devant et dans le service public d’éducation, de la liberté citoyenne, de la fraternité humaine,....etc..

D’ailleurs, comme beaucoup d’autres CDPE, le Val d’Oise à voulu conjuguer des actions résolues contre le processus de regression de l’école publique liant par un même fil conducteur le prétendu grand débat sur l’école instauré par Ferry, le rapport d’étape présenté par la commission Thélot et enfin la suprême loi Fillon dont chacun à pu vérifier la génèse anti-démocratique, tant sur la forme qui a prévalu à son adoption, que sur le fond. Nous nous sommes donc efforcés de conjuguer cette opposition avec des actions favorisant le dialogue, la réflexion, l’échange entre tous les partenaires éducatifs du département : enseignants, associations, parents, institutions ; et qui s’est concrétisé notamment par des débats départementaux auxquels la Fédération à bien voulu parrticiper par la présence notamment de Faride Hamana notre Secrétaire Général. La coopération, le rassemblement la construction de perspectives sont donc fondatrices pour nous de notre engagement militant au service de l’éducation, au service des enfants.

Alors pourquoi un acte aussi essentiel ? Parce qu’il apparaît nettement que les positions du CN et que les actions qui en ont résulté, ont été décidées en réaction à l’actualité sans inspiration d’une ligne directrice forte et lisible. Il en est ainsi à titre d’illustration des réactions à propos de la loi sur le voile, des suites au vote de la loi Fillon, des objectifs de la commission Thélot, et dernièrement de la suppression du lundi de Pentecôte....

Ce qui apparaît essentiel, au-delà des décisions elles-mêmes, c’est que celles-ci ne reflètent pas une analyse s’inspirant des valeurs fondamentales évoquées précédemment. Et plus encore ; elles ne découlent pas d’une analyse du contexte...(ou du processus...) dans lesquels les événements se sont inscrits : A l’heure où tous les esprits se penchent sur l’Europe, au moment où s’affirme la montée des intégrismes ; n’est-il pas fondamental de s’interroger sur l’avenir du service public d’éducation ..spécificité Française.. ou sur la remise en cause des fondements laïcs bâtis par la loi de 1905 ; car nous l’affirmons ; notre école, notre service public d’éducation sont menacés.

Ces questions, ces reflexions auraient pu constituer la trame d’un texte ou d’un rapport moral dont tous nos adhérents auraient pu se saisir pour débattre dans le cadre de la préparation de ce congrès national réuni de surcroit à Strasbourg et en 2005...les symboles parlent aussi...

La situation à laquelle notre fédération est confrontée, nécessite une analyse prospective et l’élaboration d’orientations au niveau de ces enjeux. Nous ne pouvons plus, par exemple, nous satisfaire, d’une position d’attente de la publication de décrets d’application d’une loi pour déterminer une ligne de conduite face à une réforme dévastatrice de l’école, nous ne pouvons plus rester spectateur d’une répression brutale du mouvement protestataire lycéen... Nos valeurs, la destinée de nos enfants, exigent davantage d’implication des parents co-éducateurs, co-auteurs de l’éducation ; les enjeux en terme de laïcité, de liberté, d’égalité, de fraternité sont considérables.

Voilà pourquoi en l’absence d’un véritable rapport moral en appui sur ces principes, en écho à ces interrogations ; nous nous prononçons résolument contre les rapports présentés ; mais avec la conviction assurée, que nous nous inscrivons dans le développement de nos principes et le renforcement de notre association.


Commentaires

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vendredi 27 mai 2005 à 16h34, par  dominique mihura

En date du 5 avril dernier, la FCPE nationale nous informe dans un communiqué de presse que "selon la ligne de conduite permanente suivie pour l’ensemble des divers scrutins politiques et dans le respect de ses statuts, (elle) ne se prononce pas et n’a pas à se prononcer sur le projet de constitution européenne soumis à référendum le 29 mai prochain. La FCPE, les CDPE et les conseils locaux ne peuvent pas exprimer de position sur ce sujet".
Suit un rappel de l’article 19 du réglement intérieur de la fédération.

Qu’on me permette de revenir sur ce communiqué :

- Qu’est-ce-qu’une "ligne de conduite" dans ce cas ? est-ce éthique ? s’agit-il de règles à ajouter aux statuts ?

- Comment les conseils locaux, dans le Val d’Oise et ailleurs, peuvent-ils être au courant de cette position (le communiqué a été plutôt confidentiel, et tout le monde ne peut pas, ou ne va pas, consulter le site de la FCPE nationale) ?

- Contrairement à ce qu’elle affirme, la FCPE nationale s’est déjà prononcée sur un scrutin politique, lors d’un communiqué de presse du 26 avril 2002 (pour le second tour des élections présidentielles).

- L’article 19 du règlement intérieur nous dit que "nul ne peut, à l’occasion d’élections à caractère politique de quelque nature que ce soit, faire état des responsabilités qu’il assume à la fédération au niveau national, départemental ou local, aucun responsable ne peut donc pas faire référence à son appartenance à la FCPE s’il s’engage, à titre personnel, à soutenir une position".

Tout à fait d’accord ! mais où est-il écrit que la FCPE ne peut pas se prononcer sur une élection ou un vote ? sans doute est-ce pour ça que le communiqué employait le terme flou de "ligne de conduite"...

- Loin de moi l’idée de demander que la FCPE se prononce systématiquement sur tous les votes, mais de là à ne pas exprimer de position sur le sujet...

Si j’adhère à la FCPE, c’est parce que j’y retrouve des valeurs qui me sont chères, et parce qu’il me semble important qu’une fédération de parents d’élèves prennent des positions politiques, autrement dit fasse un choix de société.

La PEEP, dans ses statuts, l’interdit (article 1er : "...ses membres s’interdisent en son sein toute discussion politique, religieuse ou syndicale."). C’est leur droit, mais nous sommes très loin de la FCPE !

On peut être partisan ou non du traité constitutionnel européen, mais personne ne nie qu’il s’agit d’un choix de société.

A ce titre je regrette vraiment l’absence totale de débat sur le sujet. Non pas débattre pour débattre, et que chacun donne son opinion personnelle, ce qui n’a pas beaucoup d’intérêt, mais débattre pour informer, échanger, puisque la politique c’est collectif.

Nous aurions pris garde de ne pas faire, malgré les avis passionnés des uns et des autres, un affrontement entre partisans du oui et du non, et en aurions profité pour montrer que nous étions capables de discuter sans s’insulter ou s’injurier. (voir plus bas *)

Nous aurions pu parler de citoyenneté, des droits des peuples (ça doit être un gros mot, on n’en parle pas dans le TCE), de ce qu’est une constitution, de la séparation et du contrôle des pouvoirs. Et puis des services publics, des SIG, des SIEG, de la laïcité... mais si ça ne concerne pas la FCPE...

Nous n’aurions pas donné de "consigne de vote", bien-sûr, puisqu’on nous a déjà dit, partout et à longueur de journée, comment il fallait voter (la pensée "ouinique" comme le note un lecteur du Monde).

Peut-être aurions nous pu parler de l’Europe que nous désirons construire pour nos enfants.

Dominique Mihura

* Certaines paroles méritent d’être rapportées :
- "On ne peut pas dire : je suis européen et voter non". J.Chirac
- "l’agitation d’analphabètes" choisissant "le néant" . M.Rocard (cité par Marianne, fév 05)
- "c’est du populisme" M.Aubry, entre autres.
- "Si vous rencontrez un gars qui a envie de voter non, dîtes-lui plutôt d’aller à la pêche" J.P.Raffarin (cité par Libération).
et :
- "Ceux qui font la fine bouche devant la constitution européenne devraient avoir en mémoire les photos d’Auschwitz" J.M.Cavada (AFP, janv 05).

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