Graves incidents novembre 2005

mercredi 9 novembre 2005
par fcpe nationale
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Paris, le 7 novembre 2005

Déclaration

Les graves incidents qui se déroulent depuis dix jours dans les villes dites « sensibles » préoccupent la FCPE, car c’est l’avenir d’une partie de notre jeunesse qui est ici en jeu.

Les formes violentes que prend cette révolte, la destruction pour la destruction, conduisent à l’impasse et sont inacceptables d’autant qu’elles atteignent surtout ceux qui sont en situation sociale difficile. Mais elles ne sauraient malheureusement surprendre tant une partie de la population a depuis bien longtemps perdu toute raison d’espérer.

En outre, on ne peut insulter, stigmatiser, et provoquer sans prendre le risque de réactions d’exaspération.

Il serait trop facile de tenter de faire croire au complot, à l’action des trafiquants et autres malfrats ou de groupes religieux. La généralisation de la situation de crise que nous connaissons aujourd’hui est la manifestation explosive d’un malaise latent, d’une fracture sociale et culturelle profonde que les politiques ont refusé de voir ou n’ont pas su traiter efficacement.

Depuis des années, la FCPE dénonce le mépris et la défiance affichés à l’encontre de la jeunesse. Cette attitude concerne tous les jeunes mais plus fortement ceux qui ont le plus de difficultés à s’intégrer dans la société.

La société tout entière porte une lourde responsabilité mais l’Ecole doit aussi s’interroger.

L’échec dans la lutte contre les inégalités scolaires, la persistance, voire le renforcement, d’une logique élitiste qui conduit à l’exclusion de ceux qui ne sont pas dans la norme, constituent une violence institutionnelle devenue insupportable.

Dans cette République, dont l’un des principes fondateurs est l’égalité, certains jeunes constatent au quotidien qu’ils sont moins égaux que d’autres, que les valeurs de référence qu’essaie de leur transmettre l’école ne sont, pour eux et pour eux seuls, que théoriques

Le contexte social, le chômage massif, les problèmes criants de logement, le blocage du dialogue social par un gouvernement qui reste sourd à toutes les revendications sont autant de facteurs amplificateurs du malaise.

Les jeunes revendiquent le respect, la reconnaissance, la justice, l’égalité, un travail, un logement, l’accès aux loisirs : c’est-à-dire, tout simplement, l’espoir, comme les autres, de pouvoir construire leur vie.

Quand l’horizon est bouché, quand la désespérance, la peur, l’angoisse de l’avenir ne se maîtrisent plus, quand le dialogue est rompu, on ne peut s’étonner que la violence prenne le dessus.

Quand les responsables politiques comprendront-ils enfin que la lutte contre l’échec scolaire passe par une transformation en profondeur de l’école ?

Quand les acteurs de l’Ecole accepteront-ils tous d’assumer leur mission d’éducation citoyenne ?

En réduisant drastiquement le budget de l’Ecole, en mettant en péril les associations laïques qui ½uvrent dans les quartiers, en privilégiant la répression plutôt que l’éducation et la prévention le gouvernement a pris un risque majeur dont on se demande s’il est aujourd’hui capable de mesurer toutes les conséquences.

Il doit entendre tous ceux qui dénoncent cette logique qui s’avère aujourd’hui suicidaire et prendre enfin les mesures de grande ampleur qui assurent effectivement et durablement les conditions d’une intégration sociale, culturelle et économique d’un pan entier de notre population, aujourd’hui méprisé et marginalisé !

Contact presse : Laurence Guillermou, tel 01 43 57 16 16


Fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles Publiques 108-110, av. Ledru Rollin - 75544 Paris Cedex 11 - Tél : 01.43.57.16.16. - Fax : 01.43.57.40.78. Association loi 1901 reconnue d’utilité publique - Site Internet : http//www.fcpe.asso.fr - E-mail : fcpe@fcpe.asso.fr


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