Revue de presse 3 du 8 avril 2004

jeudi 8 avril 2004
par Sophie Tret
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Miroir du débat : l’UNL inquiète "des orientations rétrogrades". FCPE : les Français soucieux de la réussite des élèves, pour la FCPE, attachés à la transmission des savoirs, selon le SNALC. Les lycéens ne représentent que 8% des avis, regrette la FIDL Paris le 07-04-2004 UNL.
"Nous nous inquiétons des orientations que prend [le Miroir du débat national sur l’avenir de l’école, (L’AEF du 06/04/2004, 42490)], qui nous paraissent rétrogrades ou dangereuses pour l’avenir de l’éducation et de la nation", déclare L’UNL, aujourd’hui, mercredi 7 mars 2003.
"Tout d’abord, cette synthèse remet en cause le principe du collège unique. (...) Cela signifie donc une orientation dès la quatrième, vers des filières techniques ou professionnelles : c’est la réhabilitation des ’filières-ghetto’ ", assure-t-elle. En outre, "ce qui émerge de ces 637 pages, preuve que le débat a été constructif, c’est qu’une école moderne est forcément l’école de nos grands-parents. Nous ne nous opposons pas aux idées de rigueur et de discipline, mais nous préférerions moderniser l’enseignement plutôt que de le rétrograder sans tenir compte des avancées obtenues." À propos de la loi d’orientation, l’UNL souhaite "une modernisation des enseignements, prenant en compte la pédagogie ! et la place de l’élève, mais aussi une appropriation du lycée par les lycéens, premiers usagers de l’Éducation nationale, ainsi qu’une assimilation réelle des savoirs". Contact : UNL, Pierre-Camille Hamana, secrétaire national à la presse, 06 18 95 13 96

FIDL.
La FIDL "déplore l’état de l’Éducation nationale aujourd’hui", car "la situation est inquiétante et compromet l’avenir des jeunes". "Dans l’attente d’une rencontre avec le ministre de l’Éducation", à qui l’organisation lycéenne a demandé une entrevue, la FIDL souhaite "rappeler son soutien aux étudiants en STAPS, aux personnels de direction qui se mobilisent, ainsi qu’à l’ensemble des lycéens et professeurs qui se mettent en grève depuis plusieurs jours pour exiger de meilleures conditions d’études et que la casse de l’éducation cesse." "Comment maintenir une éducation de qualité en réduisant de cette manière le nombre de postes ouverts [aux concours] dans le secondaire ?", s’interroge l’organisation. En outre, elle regrette que "seulement 8%" des participants au débat national sur l’avenir de l’école aient été des lycéens. Contact : FIDL, Thomas Persuy, 01 44 65 94 96, 06 86 08 51 77, thomas@fidl.org

FCPE.
"Le gouvernement et son ministre de l’Éducation nationale entendront-ils ce que leur disent les citoyens ?", s’interroge la FCPE après la publication du "Miroir du débat". Elle "constate que c’est bien de la réussite de tous les jeunes dont les Français sont soucieux : les inquiétudes qu’ils expriment, les attentes qu’ils affichent, confortent les grandes orientations de la loi sur l’éducation de 1989, et montrent sans l’ombre d’un doute que ce sont bien l’enfant et le jeune, leur avenir, qui sont au c½ur de la question éducative". De plus, elle "voit dans le ’miroir’, reflet des débats, nombre de préoccupations des citoyens qui rejoignent des exigences qu’elle a maintes fois formulées, et notamment auprès de la commission nationale du débat sur l’avenir de l’école". Elle note par exemple que "la relation famille-école est clairement revendiquée comme un enjeu fondamental pour la réussite des élèves" et que "les Français veulent une école plus ouverte aux parents", ou en ! core que "le débat éducation/instruction est perçu comme un faux débat". "Pour les Français, l’école doit instruire et éduquer. Les attentes exprimées vis-à-vis de l’école doivent être mieux prises en compte par les responsables du système éducatif : des programmes moins lourds et moins obscurs, des emplois du temps moins chargés avec une réflexion sur la pertinence des travaux demandés hors de l’école, en termes de charge de travail et d’égalité des conditions de lesquelles ils sont effectués", juge la fédération. Contact : FCPE, Laurence guillermou, chargée des relations avec la presse, 01 43 57 16 16, fcpe@fcpe.asso.fr

SNALC.
Le SNALC "retient surtout l’honnêteté avec laquelle sont repris les points de vue exprimés par l’ensemble des participants aux différentes modalités du débat." Il "se félicite de constater que la synthèse met en relief un attachement profond aux valeurs de la République (égalité des chances - laïcité - neutralité - mixité - lutte contre la violence - travail) et à la transmission des savoirs et rejoint par là ce que le SNALC défend depuis toujours." Le SNALC "continuera à défendre ses convictions" et "attend avec impatience les conclusions définitives de la commission Thélot". Il faut "qu’une loi de programmation définisse rapidement les objectifs que la nation fixe à son système éducatif ainsi que les moyens lui permettant de les atteindre."

SGEN-CFDT
Le "miroir" du débat national sur l’avenir de l’école "est un miroir à plusieurs facettes, voire parfois déformant et il faut se garder d’en tirer des conclusions trop hâtives sur tel ou tel aspect du système éducatif", avertit le SGEN-CFDT. Notamment, "la question du collège "unique" [le] préoccupe tout particulièrement : maintenir le collège "unique" en 6ème et 5ème et prévoir des passerelles permettant des réorientations en 4ème/3ème s’apparente de fait à une orientation précoce ou à des filières. On ne peut mettre fortement en avant le "vivre ensemble" et avoir une conception de la scolarité obligatoire "à géométrie variable." Néanmoins, le SGEN juge que "certains éléments pourront contribuer à la réflexion pour l’élaboration de la future loi d’orientation". Contact : Fédération des SGEN-CFDT, Michel Debon, 01 56 41 51 02, information@sgen-cfdt.org

"La dévalorisation de l’école n’est-elle pas liée au succès des filles ?" s’interrogent les participants du colloque "L’enseignement est-il mixte ?" organisé par le Conseil national des programmes Paris le 07-04-2004 "Aujourd’hui la vraie inégalité n’est-elle pas l’interdiction faite aux femmes d’aller en classe sous prétexte de porter un bout de chiffon ?" Telle est la conclusion "polémique" de Françoise Balibar, professeure à l’université Paris-VII Denis-Diderot, à l’issue du colloque "L’enseignement est-il mixte ?" organisé hier mardi 6 avril au CNAM (Conservatoire national des arts et métiers) par le CNP (Conseil national des programmes) . Cette conclusion, personnelle, est venue conclure un colloque où ont été abordées les questions des enjeux historiques de la mixité, de la répartition selon les sexes dans les filières, les orientations, les réussites, de la féminisation du corps enseignant et de la place de la femme dans les programmes. Les participants de ce colloque se sont interrogés sur le caractère illusoire de la mixité. Illusion politique de l’égalité des chances filles/garçons grâce à l’École unique ? Illusion libertaire instituée après 1968 pour assurer la coexistence des deux sexes ? Illusion féministe de la revendication par les femmes d’une place au sein de l’école ? Si les participants ont salué la réussite des filles, notamment le "succès magistral des filles au baccalauréat", ils ont également fait part des effets pervers d’une telle réussite et s’interrogent : "Est-ce que la dévalorisation de l’école n’est pas liée au succès des filles ?" Par ailleurs à propos des questions liées à la sexualité, le colloque souligne que "la mixité qui a équivalu à mettre les filles chez les garçons, n’a pas permis la rencontre de ces derniers, malgré l’expérience de l’altérité". "Pour être un bon élève, c’est-à-dire bien dans sa peau, il faut pour une femme quelques qualités masculines et inversement", ajoute le colloque. Enfin les participants ont regretté que la question des orientations sexuelles et des sexualités ne soit pas assez abordée dans l’enseignement scolaire.

MANUELS.
François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, s’est engagé à ce que dans toutes les régions gérées par la gauche, "d’ici trois ans, à mi-mandat, il y ait une gratuité totale des livres [scolaires] pour tous les lycéens, et une gratuité totale de la boîte à outils pour tous les lycéens professionnels". Il s’exprimait dans le cadre de l’émission de France 3 "France Europe Express", hier soir, mardi 6 avril 2004. Contact : PS, 01 45 56 77 26, presse@parti-socialiste.fr


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